Son nom : ibogaïne. Cette pilule, qui contient une substance dérivée de la plante iboga, est utilisée dans le traitement contre diverses dépendances, dont à la drogue, en Afrique du Sud. Deux jeunes Mauriciens ont suivi le traitement à l’ibogaïne.
L'ibogaïne est une molécule psychoactive principale extraite de l'iboga.

L’un des deux toxicos nous raconte sa descente aux enfers à cause de la drogue et comment il a remonté la pente.

En quatre ans, ce cadre dans le secteur financier ne peut plus compter sur les doigts le nombre de programmes qu’il a suivi pour guérir sa dépendance à la drogue. Tout a commencé par un joint.

Mo ti envi fumer avant al discothèque avec bann camarades.

Mais pressé par ces derniers, il passe à l’héroïne en peu de temps. Plus les jours passent, plus les doses augmentent. Il en arrive à trois doses au quotidien.

Sa performance au travail chute drastiquement et son supérieur remarque que quelque chose ne tourne pas rond. Mis devant les faits, il avoue être dépendant à la drogue. Elle lui propose de l’accompagner chez un médecin. Et il commence un traitement pour la première fois. Il raconte :

Monn prend mari boukou médecine. Dans mo la tête mo ti p dire mo em ki mo ti korek ek ki monn guéri, mais mo ti toujours bizin mo bann doses. Monn vann tou zafer ki monn gagné. Mo ti zis bizin mo trois doses héroïne. Monn même vann bijoux mo mama pou gagne cash.

Le va-et-vient de gens louches devant la maison de ses parents leur met la puce à l’oreille. Ils lui font suivre plusieurs traitements. Il se rend dans un centre dans le Nord. Le traitement leur coûte Rs 10 000 par jour et leur fils doit le suivre pendant un mois. Mais le résultat n’est pas au rendez-vous.

Mo pas kav compter komié kout banla in mette couteau anba mo la gorge.

Après sa rechute, le jeune homme reprend contact avec ses “dealers”. Il est victime de vol à plusieurs reprises.

Mari boukou fois zonn rasse mo cash, mette couteau anba mo la gorge.

Mais ses parents n’ont pas voulu l’abandonner. À force de faire des recherches sur la Toile, ils ont découvert un centre de réhabilitation en Afrique du Sud.

Mo parents in organise tout dans ene semaine. Traitement la in dure zis 48 heures. Kan monn lévé, mo ti p senti mwa bien dans mo la peau. Ensuite, monn reste ene semaine pou programme réhabilitation la. Dépi monn rétourné, mo pann touche la drogue ditou. Monn guéri net. Ek mon envi aide mo camarade.

Les deux ex-toxicos sont désormais suivis par un psychologue. Le Dr Anwar Jeewa, un Sud-Africain qui utilise ce médicament pour traiter ses patients, explique qu’il a un taux de réussite de 95 %. Et de préciser qu’il n’y a pas de rechute non plus. Plusieurs Mauriciens ont suivi ce traitement. Le médecin compile actuellement un dossier pour le présenter au ministère de la Santé afin de le vulgariser à Maurice. Il explique :

Le subutex ou la méthadone sont des médicaments de synthèse alors que l’ibogaïne est naturelle. Le traitement dure en fonction du poids du patient. Deux capsules sont données chaque heure et le traitement dure 48 heures.

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