La crise au sommet de l’État s’éternise. La présidente de la République n’a pas l’intention de démissionner. C’est ce que fait savoir son entourage.
Ameenah Gurib-Fakim

Je ne serai pas l’agneau qu’on envoie à l’abattoir.

C'est ce qu'aurait laissé entendre Ameenah Gurib-Fakim. La stratégie de la présidente serait de maintenir le flou quelque temps avant de préciser officiellement sa position. Du côté de la State House, on affirme que la chef de l'État préfère affronter une motion de destitution que de jeter l’éponge.

Cinq jours après l’annonce du Premier ministre du départ d’Ameenah Gurib-Fakim, retour à la case départ. Du côté du PMO, on affirme qu’elle doit vider les lieux au plus tard à la fin de cette semaine. Un des conseillers de Pravind Jugnauth nous confie :

En raison de la visite du président indien, Ram Nath Kovind, le Premier ministre ne pouvait pas dévoiler la teneur des deux jours de discussions avec Ameenah Gurib-Fakim.

Une fois les festivités terminées, la donne devrait changer. Malgré ce compromis trouvé à la State House, la sérénité n’est pas de mise au bâtiment du Trésor. Le doute s’est installé depuis les tweets d’Ameenah Gurib-Fakim au soir de la déclaration du chef du gouvernement. Du coup, il est difficile de prédire le prochain move de la présidente. Un membre du MSM, qui s’attend à un revirement de situation, nous affirme :

On n’est jamais certain de rien avec elle.

Sur son compte Twitter, vendredi soir, elle écrit :

It is being reported that I am resigning, I am still in post.

Plus loin, elle précise qu’elle n’a pas encore démissionné. Et de conclure :

All allegations, truth will come out when inquiry is over.

Cette sortie sur Twitter a irrité le camp du Premier ministre. Le State Lunch en l’honneur de l’invité de marque indien au Château du Réduit, hier lundi 12 mars, est très révélateur de cet état d’esprit. Pravind Jugnauth et Ameenah Gurib-Fakim ont à peine échangé quelques mots. Pas d’interaction non plus lors du lever de drapeau, au Champ-de-Mars, en début de soirée.

D’ailleurs, le mot a été passé pour ne pas assister à la Garden Party offerte par la présidence, aujourd’hui. La plupart des ministres devraient briller par leur absence. Reste à savoir ce que fera Ivan Collendavelloo en délicatesse, après avoir été le seul à participer au lancement du livre Du Réduit à la State House. Hier, au Champ-de-Mars, le vice-Premier ministre était assis entre Pravind Jugnauth et son père. Nous ne les avons pas vu se parler.

Que fera le gouvernement au cas où la locataire de la State House maintiendrait sa décision de ne pas obtempérer ? Le PMO brandit à nouveau l’article 30 de la Constitution. D’ici la fin de la semaine, en cas de statut quo, seront enclenchées les procédures de destitution, indique une source. Mais rien n’est définitif à ce stade pour la mise en place du tribunal.

L’option d’un amendement constitué pour destituer automatiquement Ameenah Gurib-Fakim est toujours à l’étude. Les soutiens de la présidente sont d’avis toutefois que la bataille ne se jouera pas sur le plan juridique mais au niveau de l’opinion publique.

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