Il démontre encore une fois son soutien sans faille envers Ameenah Gurib-Fakim… Malgré les divergences entre Pravind Jugnauth et la présidente de la République suivant l’affaire Platinum Card, Ivan Collendavelloo était le seul ministre présent au lancement du livre de cette dernière, “Du Réduit à la State House”, à la State House, hier après-midi.
Pravind Jugnauth et Ivan Collendavelloo.

Selon le programme qui a été circulé, les ministres Pradeep Roopun et Nando Bodha étaient également été conviés, mais auraient été “retenus par d’autres engagements.”

Le vice-Premier ministre n’a cependant pas tardé à quitter les lieux, alors que la présidente s’adonnait à une séance de dédicaces. D’ailleurs, à la fin du discours de cette dernière, il a timidement et brièvement applaudi. Interrogé sur sa présence, il a répondu :

Je suis un féru de la litérature, surtout de l’histoire. C’est un grand honneur pour moi d’être présent.

Lorsque la presse lui a demandé de réagir suivant le discours de la présidente, Ivan Collendavelloo a déclaré :

J’estime que c’est aux journalistes de réagir.

Puis il s’est engouffré dans sa voiture.

Au sein du MSM, l’on avance que Pravind Jugnauth ne va pas réagir à chaud quant à ce move d’Ivan Collendavelloo. Mais il se pourrait qu’il rencontre son état-major incessamment pour prendre une décision au seujet de ce dernier.

Collendavelloo mérite la révocation !

C’est en substance la réaction de ceux interrogés, hier, dans le camp du MSM. Sa présence à la State House serait une claire démonstration de sa solidarité avec la présidente qui n’est pas soutenue par l’alliance Lepep. Un ministre orange nous déclare :

C’est un affront à l’autorité du Premier ministre. Cet épisode marque définitivement une rupture dans les relations MSM-ML.

Une autre source à l’hôtel du gouvernement nous confie :

Ivan n’a pas respecté le mot d’ordre qui avait été lancé pour boycotter les activités de la présidente.

Mot d’ordre qui expliquerait justement l’absence des ministres Roopun et Bodha à cette fonction.

Ivan Collendavelloo, d'après nos renseignements, aurait tout de même informé le PMO de sa décision de participer à ce lancement de livre.

Pravind Jugnauth serait ainsi confronté à deux casse-tête : Ivan Collendavelloo, dont le coeur semble balancer entre le PM et Ameenah Gurib-Fakim - qui a donné l’impression de carrément défier le chef du gouvernement, soutenu par son père et ses soutiens triés sur le volet, ainsi que pratiquement par l’ensemble du corps diplomatique.

Selon nos recoupements d'information, Ameenah Gurib-Fakim n’aurait nullement l’intention de renoncer à son poste malgré le tollé général soulevé suivant l’affaire Platinum Card. La riposte ne s’est pas fait attendre. Il n’y aurait pas de réunion ce jeudi, comme le veut la tradition, entre la présidente et le Premier ministre. Le prétexte tout trouvé, ce 8 mars, serait les festivités dans le cadre de la Journée internationale des femmes qui débutent dans la matinée au Centre Swami Vivekananda, à Pailles.

Pour ce qui est de la Garden Party, prévue le 13 mars, il est fort probable qu’aucun membre du gouvernement ne fasse le déplacement. Et la demande d’autorisation pour les sept missions officielles de la présidence pourrait, elle, essuyer une fin de non-recevoir.

Le gouvernement ne compte pas lâcher la pression, mais aucune attaque frontale n’est prévue d’ici dimanche, le jour de l’arrivée du président indien, fait savoir l’entourage de Pravind Jugnauth. Trêve forcée, surtout en raison des célébrations de l’Indépendance.

Une chose est toutefois sûre : pas de rappel du Parlement, comme l’a souhaité le MMM, avant vendredi pour la présentation d’une motion de removal contre la présidente. Le moment n’est pas propice, concède un des conseillers du Premier ministre. Les hostilités devraient être beaucoup plus intensives après les festivités du 12 mars.

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