Le Premier ministre a déclaré, hier lundi 5 mars, à son adjoint qu'il souhaitait le départ d'Ameenah Gurib-Fakim. Mais, à ce matin, la speaker n'a reçu aucune communication de la présidente de la République.
Ameenah Gurib-Fakim

La spécialiste des plantes médicinales prend racine et rend malade le gouvernement. Après le tête à tête entre Pravind Jugnauth et son adjoint Ivan Collendavelloo, Ameenah Gurib-Fakim est toujours en poste.

Malgré les rumeurs dans la journée quant à l’éventualité d’une démission de la chef de l’État, à ce mardi matin 6 mars, le bureau de la speaker de l’Assemblée nationale n’a reçu aucune communication de la State House.

Pourtant, un peu plus tôt, le Premier ministre Pravind Jugnauth avait explicitement déclaré à son Deputy Prime minister et allié, Ivan Collendavelloo, qu’il souhaitait la voir partir.

Les dépenses de la présidence sont la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, aurait dit le Premier ministre à son partenaire. Ivan Collendavelloo, qui participait à l’ouverture de la première moto-école dans l’après-midi d’hier, est vite reparti, entouré de ses gardes du corps. Pas de déclaration de la part de Pravind Jugnauth non plus.

Pravind Jugnauth

Le malaise est palpable entre les partenaires. Si les deux hommes se sont entendus sur le départ de la scientifique, rien n’est moins sûr à propos du timing. Pravind Jugnauth donne aujourd’hui le coup d’envoi des célébrations des 50 ans de l’Indépendance. D’ailleurs, le bureau du président indien, Ram Nath Kovind, invité d’honneur, serait en contact permanent avec le haut-commissariat indien à Port-Louis. Il aurait fait une demande de due diligence à la suite des événements de la semaine dernière.

Ivan Collendavelloo

Malgré la prise de position d’Ivan Collendavelloo, plusieurs membres de son propre parti exprimeraient leur exaspération contre l’attitude de la présidente. Dimanche, lors d’une réunion à la SICOM Tower, le vice-Premier ministre avait déclaré à quelques-uns de ses proches collaborateurs :

Si elle part, je pars.

D’aucuns pensent qu’Ivan Collendavelloo pourrait mettre sa menace à exécution. Mais a hier, il n’a montré aucune intention de démissionner.

L’affaire a jeté un froid au sommet de l’État. Pour ne pas envenimer les choses, il se pourrait que la présidente attende la fin des célébrations du 12 mars pour remettre sa démission.

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