“Compromis”. Ce mot est resté au travers de la gorge de beaucoup au sein de l’opposition. Mais aussi, et c’est plus surprenant, cela provoque des grincements de dents au sein du MSM.
Ameenah Gurib-Fakim, Pravind Jugnauth et Ivan Collendavelloo.

En début de semaine, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, de par sa prise de position par rapport à l’affaire Platinum Card, confirmait qu’il voulait faire de la politique autrement. Il avait, du coup, amassé un capital sympathie au sein de la population. Mais tel n’est plus le cas en cette fin de semaine. Il y a de l’agacement et de l’irritation dans l’air, venant, entre autres, de l’opposition, mais aussi de ses propres rangs.

Le compromis qu’il a pu trouver entre la chef de l’État et lui-même fait pleuvoir une pluie de critiques sur sa personne depuis hier après-midi, vendredi 9 mars. Au moins quatre membres du gouvernement disent ne pas comprendre cette décision de Pravind Jugnauth, d’avoir accepté que la locataire de la State House repousse sa démission à une date ultérieure. Un membre du MSM nous confie :

C’est dégoûtant cette façon de faire de la politique. Après nous avoir écoutés au bureau politique, samedi, le PM nous avait dit qu’il agira contre la présidente. Mais aujourd’hui, je suis déçu. Et je sais qu’ils sont nombreux ceux qui partagent mon avis. Je boycotterai les festivités.

Un autre habitué du Sun Trust se demande même si Ameenah Gurib-Fakim n’a pas dévoilé d’autres noms associés à ce scandale. Par contre, l’élu du ML, Toolseeraj Benydin, estime, lui, que le PM a pu trouver une solution pour que la présidente puisse effectuer une sortie honorable.

Navin Ramgoolam

Navin Ramgoolam, qui a été le premier politicien de l’opposition à réagir, parle, lui, de mollesse et de faiblesse de la part du Premier ministre.

Après tant de négociations avec la présidente, Pravind Jugnauth devrait se sentir humilié aujourd’hui, face à la demande de la présidente de repousser sa démission.

Le leader des rouges parle d’un méga scandale et affirme qu’il va en parler en long et en large après la fête de l’Indépendance.

Pays la anba lao. D'ailleurs, hier, en présence Pravind Jugnauth, pavillon Maurice ti anba lao dans Lycée Labourdonnais. C'est ene signe ca !

Le PTr, dit-il, boycottera toutes les activités où sera présente la présidente.

Ajay Gunness

Le secrétaire général du MMM, Ajay Gunness, soutient de son côté que son parti fera de nouveau une demande pour que la chef de l’État parte avant le 12 mars.

Le Premier ministre et la présidente ont pris le pays en otage. Et tout cas, Pravind Jugnauth n’assume pas ses responsabilités.

Aurore Perraud

Pour Aurore Perraud, du PMSD, le fait que la présidente démissionnera de son plein gré veut dire qu’elle va conserver tous ses privilèges.

Elle sera toujours protégée par la loi. C’est une forme d’immunité.

Alan Ganoo

Le président du MP, Alan Ganoo, constate, lui, que le compromis trouvé entre le Premier ministre et la présidente ternit la réputation de notre pays.

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