Elle était armée de son seul courage. Et, trois malfrats, qui tentaient de l’agresser, ont détalé comme des lapins lorsqu’elle s’est lancée à leurs trousses. Récit.

À 33 ans, cette habitante de Quatre-Cocos est devenue un symbole de courage et d’héroïsme depuis son agression dimanche dernier. Même si elle n’est pas sûre de retrouver ses effets personnels, c’est avec une pointe de fierté dans la voix qu’elle raconte sa mésaventure. Ou plutôt son aventure. Elle rentrait chez elle après sa journée de travail.

J’emprunte cette route tous les jours, donc il était facile pour les agresseurs de me repérer.

Il est 14 heures. Pas loin de sa maison, une voiture commence à zigzaguer devant son véhicule, avant de s’arrêter. Croyant à un accident, la femme d’affaires s’arrête et descend de sa voiture. Les trois occupants de l’autre véhicule font semblant d’effectuer des marquages sur la route en attendant que les autres voitures passent.

Lerla, zot in tire couteau ar mwa. Monn essaye rentre dans mo loto ek ferme bann vitres, mais zot in fini rasse mo sac. Mo ti ena 1 000 dollars, mo recette du jour.

Puis, les malfrats démarrent en trombe. N’écoutant que son courage et malgré la peur au ventre, elle se met à les pourchasser, telle Calamity Jane chevauchant son fier destrier au milieu d’un désert de bitume.

Ca moment la, mo pas koner kot mo courage in vini. Monn démarré monn suive zot. Pann réfléchi lot zafer !

La chasse aux voleurs a duré une bonne dizaine de minutes. Sur la route, elle ne cessait de klaxonner et crier mais, à cette heure-là, les rues étaient vides. Elle appuie alors sur le champignon. À un moment, sa voiture heurte celle des agresseurs.

Zot loto in déviré net. Mo ti kwar zot in bien blessé tou…

Les trois Dalton ont pu prendre la fuite. L’un d’eux a été rattrapé le même jour, et les deux autres ont été arrêtés vendredi matin. De son argent, elle n’a récupéré que 100 dollars. Une semaine après les événements, la Calamity Jane locale est toujours un peu secouée.

Je ne me sens plus tellement en sécurité. Je ne me promène plus avec les recettes du jour sans la présence de mon époux.

Mais si c’était à refaire, elle le referait. Si elle n’avait pas pris les choses en main ce jour-là, elle serait devenue une proie facile pour les agresseurs.

Si laisse ca passer ene kout, kapav ré arrive mwa ca lot semaine. Zot ti pou continuer veille mwa…

Certes, au début, sa famille, surtout ses enfants, se sont fait un sang d’encre pour elle, mais elle est parvenue à les rassurer. Et non, le fait d’être une femme n’empêche pas de pourchasser des voyous.

Une femme fait la chose la plus dure au monde. Elle enfante. Si elle peut faire cela, elle peut tout faire, y compris se défendre !

Les voleurs n’ont qu’à bien se tenir.

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