Deux mois avant l’audition au Privy Council, l’ICAC change d’avis. Elle décide de se ranger du côté de Pravind Jugnauth et de présenter un dossier dont les arguments sont en phase avec ceux des avocats du Premier ministre, contre le DPP. Et de se faire payer un Queen’s Counsel par les contribuables…
Navin Beekarry et Pravind Jugnauth.

En fait, en neuf mois, c’est-à-dire entre le 5 février 2018 et le 22 novembre 2018, la commission anti-corruption, dirigée par Navin Beekarry, un nominé politique des Jugnauth, a changé comme par magie de position quant au rôle qu’elle entend jouer devant le Privy Council. Un changement qui interpelle et qui vise à affaiblir la position du DPP.

Dans une communication adressée au Registrar du Privy Council, le 22 novembre 2018, soit moins de deux mois avant que l’appel ne soit entendu par les Law Lords, Me Sultan Sohawon, Solicitor Agent for ICAC, écrit :

After further consideration of the matter, the ICAC has decided to revise its stand to abide by the decision of the Board. It will now offer submissions in the case.

Cette même communication nous apprend que l’ICAC a maintenant décidé de retenir les services d’un Queen’s Counsel, en la personne de Mr Stuart Denney, QC, des Deans Court Chambers, aux frais des contribuables.

Tout cela vient, encore une fois, démontrer que l’ICAC n’est qu’un instrument politique. Que vont désormais penser les Law Lords de ces manœuvres indécentes, qui risquent, au-delà de la personne de Pravind Jugnauth, de projeter l’image d’une République bananière ?

De son côté, le leader du Parti Travailliste (PTr), Navin Ramgoolam, trouve “choquant” le changement de posture de la commission anti-corruption dans cette affaire :

Je préfère ne pas en dire plus avant d’avoir tous les elements mais je peux vous dire que les Law Lords ne vont pas apprécier ce genre de manoeuvres.

Source: L'Express Newspaper (08/01/2019)

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