Croyant avoir trouvé le bonheur, Reena a tout quitté pour aller vivre avec ce policier. Mais il n’aura fallu qu’une semaine de vie commune pour découvrir le visage de cet homme. Violence domestique, humiliations, sévices sexuels... Tel a été le lot quotidien de cette habitante de Curepipe de 32 ans.

YOUR REACTION?

Reena

Comme tout jeune femme de son âge, Reena* aspirait à une vie épanouie et tranquille. Si sur le plan professionnel, tout allait bien pour elle, il ne lui restait plus qu’à trouver l’amour de sa vie pour fonder une famille. Lorsqu'elle rencontre son ex-compagnon, elle est convaincue que son rêve allait se concrétiser. Mais elle a vite déchanté...

C’est en novembre 2017 que l'habitante de Curepipe fait la connaissance, sur Facebook, de ce policier. L'homme est âgé de 36 ans et est divorcé. Le trentenaire lui porte une attention particulière. Reena tombe aussitôt sous son charme. Les tourtereaux commencent à se fréquenter assidûment. La jeune femme cache d'abord cette relation à sa famille, pensant qu'il est encore un peu tôt pour l'annoncer officiellement.

Ce n'est qu'au début de juillet 2018 qu'elle décide d'en informer ses parents, vu que la situation commence à prendre une autre tournure. Reena raconte :

Linn dire mwa nous bizin commence reste ensam. Linn même propose pou maryé ar mwa en décembre 2018. Zamais li ti cachiéte mwa ki li ti déjà maryé ek divorcé. Monn kwar dans li.

Ce qui est loin d'être le cas de la famille de Reena. L'homme n'inspire aucune confiance aux proches de la jeune femme. Ils s'opposent à cette relation et demandent à Reena d'y mettre un terme. Mais la trentenaire, qui ne voit que l'apparence de l'homme “affectionné et gentil” que renvoie le policier, ne veut rien entendre.

Reena

Le 15 juillet 2018, l'homme se pointe devant le domicile de Reena. Il souhaite se présenter aux parents de la jeune femme pour prouver sa bonne foi. Mais ce n'est pas sa seule intention. Il leur annonce qu'il veut emmener leur fille vivre avec lui. Les parents s'y opposent fermement. Le père lance même un ultimatum à sa fille : si elle quitte la maison pour aller vivre avec cet homme, elle ne pourra plus revenir. Mais Reena s'obstine. Elle fait ses bagages et va vivre avec le policier. Direction : Plaine-Magnien.

Une fois sur place, elle découvre que le policier ne vit pas seul mais avec ses parents. Qu'importe elle fera avec. Au début, tout est nouveau et tout est beau pour la jeune femme. Mais une triste réalité prendra vite le dessus.

Mo ti p travaille pou ene compagnie dans Ebène sa lépok la. Mo ex-copain in dire mwa trajet la trop long. Linn dire mwa rode ene travail dans Plaine-Magnien même. Li même linn rode ene travail pou mwa dans ene compagnie dans Plaine-Magnien. Li dire li préfère kan mo près ar li. C'est bien après ki monn comprend ki linn faire sa zis pou li kav veille lor mwa.

Il n'aura pas fallu longtemps pour que le policier montre son vrai visage à Reena. Une semaine après s'être installée avec lui, elle découvre qu'il le trompe.

Tou kou mo ti p trouve nom ene zom paraite lor so portable. Ene zour monn décide pou guetter kisanla sa. Monn découvert ki ti ene femme sa. Li ti change so nom pou mo pas gagne soupçons. Ek ban messages la ti obscènes net.

C'est à partir de là que commencent les malheurs de Reena. Quand elle le confronte à ce qu'elle a découvert, il entre dans une colère bleue et la frappe. La désillusion est totale pour la jeune femme, qui pensait avoir trouvé en ce policier l'homme idéal. Ce dernier continue à se dévoiler un peu plus chaque jour. Elle découvre qu'il est un gros zougadère, accro au poker et aux courses. Il n'hésite pas à miser tout son salaire.

Mo pas ti ena droit dire li nanyen. Sinon li commence batte mwa.

À chaque commentaire qu'elle passe, la trentenaire se fait battre. Son visage enfle sous les coups. Reena est couverte de bleus.

Ene zour linn vinn kot mo travail ek linn batte mwa lor parking. Linn encolère parski monn tardé pou réponn so SMS.

Hormis les coups, la jeune femme devait aussi lui remettre son salaire.

Zamais li ti ena cash. Zamais nounn faire ene sorti entre couple. Li ti p toultan dire ki li péna cash. Mais li, toultan li ti p sorti ek ti p même passe la nuit dehors.

Comme si cela ne suffit pas, Reena devient aussi un objet sexuel pour son ex-compagnon.

Linn servi mwa zis pou satisfaire so vice. Li ti envi faire l'amour gramatin tanto. Mo pas ti ena droit refuser, même si mo malade ou fatigué. Mo ti dégoûté. Li ti p prend mwa pou ene paillasson.

Le 31 octobre 2018, une nouvelle dispute éclate au sein du couple qui est déjà au bord de la rupture. Quand Reena reproche à son ex-compagnon de ne pas lui donner le moindre sou pour les dépenses de la maison, il lui tape dessus. Cette fois, il lui demande de faire ses valises et de quitter la maison.

Kan monn refuse pou aller, linn commence tappe mwa. Finn arrive sa devant so parents. Banla aussi in dire mwa aller. Zonn dire mwa ki zot garçon pas kav “mo prisonnier”. Ene mari ironie sa... Kan monn contine refuse pou aller, linn call so ban collègues policiers pou vinn prend mwa.

Vu la gravité de la situation, Reena n'a d'autre choix que de suivre les policiers. Elle décide cependant de porter plainte contre son ex-compagnon.

Zonn refuse prend mo déposition. Zonn dire mwa mo nek kav mette Precautionary Measure (PM).

Reena prendra finalement son courage à deux mains pour retourner chez ses parents. Pour son plus grand soulagement, ces derniers acceptent de l'accueillir.

Trois semaines après s'être libérée du cauchemar qu'elle a vécu, Reena décide de contre-attaquer. Elle porte plainte, en présence de son avocat, contre le policier, l'accusant de violence domestique et de sodomie. La jeune femme envisage de déposer une plainte au civil contre lui pour lui réclamer Rs 1 million de dommages et intérêts.

Le policier : “Li ki ti p traite mwa kouma ene prisonnier”

Sollicité pour une réaction, le policier a démenti toutes les allégations portées contre lui.

Li ki ti p traite mwa kouma ene prisonnier. Mo pas ti ena aukenn liberté ar li. Li ti p reste pose questions kan mo sorti. Toultan li ti envi koner kot mo été, ki mo p faire. Li ti tellement possessive ki ene fois li ti même menace pou suicide li so mo pas réponn so bann questions.

* Prénom modifié

Source: Le Défi Plus (24/11/2018)

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