La charge de trafic de drogue qui pesait sur son mari, Kusraj Lutchigadoo, a été rayée devant la Bail and Remand Court, mercredi 3 octobre. Ayesha Lutchigadoo donne sa version des faits de toute cette rocambolesque affaire.

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Ayesha Lutchigadoo

Kusraj et Ayesha Lutchigadoo se connaissent depuis 2006. Ils se sont mariés en 2012. Elle était une élève dans un collège dans le Nord quand elle est tombée amoureuse de Kusraj. Ils fréquentaient le même groupe d’amis.

À cette époque, Kusraj Lutchigadoo avait une scierie à Moka. Il livrait des copeaux de bois aux poulaillers. L’autre partie de son temps, il retapait et revendait des voitures endommagées ou accidentées qu’il achetait – dans les Rs 120 000 par véhicule – dans les ventes à l’encan. Ce qu’il faisait toujours jusqu’à son arrestation en avril. Il envisageait même d’ouvrir un showroom. Ayesha Lutchigadoo explique :

Mon époux a réussi grâce au tuning des voitures. D’ailleurs, nous avons produit les contrats de vente des voitures aux enquêteurs. Nous avons aussi vendu la scierie en 2016-2017. L’erreur qu’il a faite, et ça je l’admets, c’est qu’il n’a pas toujours été en règle avec le fisc. Mais nous sommes en train de régler tout ça.

Et combien de voitures possède la famille ?

Nous en avons deux. Une m’appartient. (NdlR, elle n’a pas souhaité préciser la marque des voitures). La BMW à bord de laquelle mon époux a été arrêté n’est pas à lui. Elle appartient à la compagnie d’événementiel avec qui il travaillait et qui avait un contrat avec une boîte de nuit à Grand-Baie. Il venait de démarrer dans ce créneau. Quant aux autres voitures, il les achetait avant de les revendre.

Ayesha Lutchigadoo ne comprend pas pourquoi son mari a été incarcéré à La Bastille pendant six mois.

Mon époux n’a rien fait. Ce sont des policiers qui ont ouvert sa cellule. Après tout, ce sont eux qui ont les clés. Lui, au contraire, il y est retourné alors qu’il aurait pu en profiter pour s’évader. Une personne qu’on qualifie de highly dangerous ne quitte pas la prison pour y retourner.

Dans quel état d’esprit se trouve son mari depuis que la charge de trafic de drogue a été rayée contre lui ?

La dernière fois que je l’ai vu, c’était la veille de sa comparution. Il est toujours stressé depuis qu’il est enfermé car il sait qu’il est innocent. Le fait que le commissaire Vinod Appadoo vienne de changer les règlements à la prison n’arrange pas les choses. D’une visite par semaine, ceux en détention provisoire comme mon mari ont désormais droit à seulement deux visites par mois. Ce n’est pas évident, surtout avec un fils d’un an et demi qui réclame son père mais que je n’ai pas le droit d’emmener à la prison.

Que pense-t-elle des deux autres charges, à savoir blanchiment d’argent et holding materials for the purpose of using them for the unlawful production of dangerous drug, qui pèsent toujours sur son mari ?

Je ne comprends pas. Si vous venez chez moi là, j’ai une douzaine de boîtes de thé en ce moment. Et de l’acétone dans ma chambre pour enlever du vernis à ongles. Cela signifie-t-il que ma maison est un laboratoire ? Il n’y avait ni éprouvette ni Bunsen Burner chez ma mère. Comment l’ADSU a-t-elle pu dire que c’était un laboratoire ? Pourquoi n’a-t-elle pas produit des photos de ce qu’elle décrit comme un laboratoire en cour ? Par contre, j’ai des photos des dégâts qu’elle a faits chez ma mère.

Nous la rappelons que ce n’est pas une douzaine mais bien 112 boîtes de thé, une certaine quantité d’acétone et du benzène que l’ADSU a saisis chez sa mère. Que faisait son époux avec tout cela ?

Le thé se trouvait dans la cuisine. On avait fait provision pour ma mère qui est diabétique, en raison de la pénurie de thé qu’il y avait sur le marché. L’acétone était dans le store car on venait de rénover la maison. Il y avait aussi des pots de peinture et des pinceaux. De toute façon, nous avons l’esprit clair. Nous allons nous battre en cour.

Et les Rs 301 300 qui étaient en sa possession le jour de son arrestation ?

L’ADSU l’a arrêté dans la voiture un vendredi. Cet argent était dans le véhicule et pas dans la maison. Il allait quitter ce montant à la boîte de nuit à Grand-Baie. Personne n’habite dans la maison de mes parents. Ma mère est venue habiter chez moi depuis le décès de mon père. Des fois, Kusraj passe là-bas pour vérifier si tout est en ordre.

Personne n’y habite alors qu’il y avait 112 boîtes de thé dans la cuisine ?

Quand il y a des événements dans la famille, on part là-bas.

Et quid des relations entre son époux et des politiciens ?

C’est à cause de la politique qu’il est en prison et qu’on a tous ces soucis aujourd’hui. Mon mari n’est pas un trafiquant de drogue. Il a été piégé. J’ai plein de choses à dévoiler, mais j’ai peur pour ma sécurité. Je le ferai au moment venu.

Source: L'Express

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