Sont-ils victimes de discrimination ? Jordan Chendrayah, 22 ans, s’est vu refuser l’accès à une boîte de nuit du Nord, samedi dernier.

Il explique :

Nous étions quatre homos et un couple hétéro.

Que dit la loi sur le sujet ? Quoi qu’il en soit, le jeune homme a décidé de porter plainte à l’Equal Opportunities Commission (EOC).

Il était environ minuit lorsqu’il s’est présenté à la porte en compagnie de ses amis. Le vigile les informe qu’ils ne pourront pas aller se déhancher sur la piste de danse. La raison évoquée : l’entrée est réservée aux couples et selon la politique de la boîte, un couple est composé d’un garçon et d’une fille.

J’ai cru que j’avais fait un bond dans le temps pour atterrir à une époque rétrograde, mais non…

Selon les dires du garçon, le vigile leur aurait même conseillé de faire semblant d’être hétérosexuels la prochaine fois. Conseil que Jordan Chendrayah et ses amis trouvent hypocrite. Le pire, soutient le jeune homme, c’est que l’un de ses amis n’était pas Mauricien.

C’est ça l’image qu’on veut donner de Maurice ?

Sollicité, un responsable de la boîte de nuit rejette les accusations d’homophobie et confirme les conseils du vigile.

Nous avons toujours eu les membres de la communauté LGBT chez nous. Mais il n’empêche que la politique d’entrée est un homme et une femme. Rien n’empêche un gay de venir avec une femme pour y avoir accès…

Brian Glover, ancien président de l’EOC, estime, pour sa part, que ce refus est une vraie discrimination.

Ils ont tous les éléments pour porter plainte devant cette instance.

C’est d’ailleurs ce que Jordan Chendrayah pense faire. Il sera aidé dans sa démarche par le Collectif Arc-en-Ciel (CAEC). Aschwin Ramenah, manager du CAEC, nous déclare :

Nous condamnons fermement cette politique. Certes, la boîte a le droit de contrôler l’accès, mais pas sur la base de l’orientation d’un individu.

D’ailleurs, l’ONG a lancé un appel à témoins pour tous ceux qui ont déjà fait face à une situation similaire. Depuis, les témoignages pleuvent.

Aschwin Ramenah précise qu’à Maurice, la discrimination dans les boîtes de nuit ne se fait pas uniquement sur la base de l’orientation sexuelle. Le CAEC a recueilli plusieurs témoignages de personnes qui n’ont pas été acceptées car elles étaient “de couleur”.

Le Collectif a fait parvenir une lettre à la direction de la boîte de nuit mercredi dernier pour solliciter une rencontre et discuter de cette politique sur les droits d’entrée. 

Source: L'Express

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