Il est virtuel mais il peut faire mal. Alors lumière et témoignage sur un des cadeaux empoisonnés 2.0 avec, en featuring, Rubina, “Mrs Positive”.

YOUR REACTION?

Rubina Seetharamdoo

Welcome to the dark side. Ou bienvenue du côté obscur de la Face(book), si vous préférez la version française, et des réseaux sociaux. Sur le timeline, petits chatons, mèmes en tous genres, débats sur des décisions politiques, instantanés de fêtes et de partage, panda qui se roule dans l’herbe, cliché qui dit “tchuiiiiii pwinchess”… Ça, c’est pour le côté soft (enfin, façon de parler).

Puis, il y a ces commentaires qui heurtent, ces messages haineux, ces échanges venimeux. De mauvaises vibes. La force devient (méchante) farce. Et quand elle se répercute sur un individu, on parle même d’e-bullying ou de cyber-bullying (derrière un écran, c’est facile). Même si ces termes renvoient au virtuel, les émotions provoquées ne le sont pas.

Depuis quelques jours, Rubina Seetharamdoo a fait face à un déferlement de haine contre sa personne. En se rêvant “star” de Facebook, celle que les internautes appellent “Mrs Positive” se prend le revers de la médaille en pleine tronche (dans la droite lignée du Shah Rukh Khan Made in Mauritius ou d’un “Autant vite Kevin !”). Aïe !

Cependant, il faut aussi dire qu’il y a une raison derrière toute cette haine. La jeune femme a été expulsée de l’ONG Youset. Des internautes disent qu’elle a mené des collectes sans permis.

Chèque sans provision, collecte illégale… Ce type d’agissements de la part de Rubina Seetharamdoo ne se comptent plus, selon des dénonciateurs. Mise à la porte de l’ONG Youset, la pseudo-travailleuse sociale aurait récidivé avec l’ouverture d’une Charity Shop sans aucun permis ni enregistrement. La police a été alertée.

Rubina Seetharamdoo se présente comme une travailleuse sociale. Cette mère de trois enfants, qui dit être aussi commerçante, indique qu’elle consacre ses journées au travail social depuis deux ans. Son combat : la lutte contre la pauvreté. C’est à travers les réseaux sociaux qu’elle partage ses “accomplissements”.

Mais à force de publier ses actions, de nombreuses anomalies ont été décelées. La dernière en date : l’ouverture d’une Charity Shop, à Saint-Pierre. Selon sa page Facebook, Rubina Seetharamdoo a ouvert cette boutique pour venir en aide aux pauvres.

Mais elle précise que cette boutique n’opère sous aucune organisation. Or, toute organisation doit être enregistrée auprès du Registrar of Associations, comme pour toute collecte de fonds publique, l’aval du commissaire de police est obligatoire.

Plusieurs internautes soutiennent qu’elle aurait mené des collectes sans permis. Ils allèguent que Rubina Seetharamdoo revend les vêtements qu’elle collecte pour les pauvres. Ce qui a provoqué la colère de nombreux internautes qui n’ont pas manqué de commenter l’affaire sur la page Facebook Rubina in action.

Mais pour Rubina Seetharamdoo, les insultes, les vidéos et les mèmes dont elle semble être le personnage principal, elle s’en moque, dit-elle :

Franchement, mo pas prend sa compte. Pas faire l’effet lor mwa. Je sais qui je suis. Je me suis déjà habituée.

Elle parle du soutien de ses proches. De l’importance de se serrer les coudes et d’avancer. De faire face aux bourrasques sans trop “casse la tête”.

Michaella Mounawah

Michaella Mounawah, habituée du buzz en ligne en compagnie de son alter ego, Vivi de Monaco, a connu les raz-de-marée de négativité :

Le premier commentaire négatif m’a choquée. Mais après on s’habitue, on se forge une carapace et on en rigole. C’était dur au départ. Puis, vient le moment où on réalise qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.

Surtout qu’on tombe dans la marmite bleue un peu par hasard. On fait quelque chose et on devient en quelques clics une “star”. On n’est pas préparé à tout ce qui suit. C’est un peu l’histoire de Rubina. Cette maman de trois enfants s’est lancée dans les vidéos, comme ça, pour faire connaître son petit business. Puis, elle a eu lagam. Celui de partager, de s’exprimer… et de briller. Elle aime le frisson. La sensualité de likes qui s’engrangent. Le plaisir de ces shares qui n’en finissent plus.

Dans un monde fantasmé, il est difficile de s’accrocher à ce qui est important et ce qui ne l’est pas :

Certaines de mes vidéos ont plus de 200 000 vues. Ça me rend fière. Des gens d’autres pays m’écrivent et m’encouragent. Ça fait quand même quelque chose.

Est-ce que le jeu (le shaming, les humiliations…) en vaut la chandelle ? Pour Rubina, oui. Elle n’a pas pris la décision de devenir un personnage “public”, elle a surfé sur la vague. Sans se poser de questions.

Quand on se fait connaître, dit-elle, c’est normal de provoquer “de la jalousie”. Quand on partage une opinion, il est impossible de penser que tout le monde la partage. En plus, il y a des “complot jalousie, complot rode cash.”

Ses dialogues et ses images font le buzz. Les attaques sur son physique aussi :

Mo cheveux in blanc. Et alors ? Mo péna cash pou al kot coiffeuse.

Et d’ajouter :

Les gens peuvent détruire ton image, salir ta personnalité, créer des rumeurs sur toi mais ils ne peuvent pas emporter tes bons actes.

Et puis, elle se rassure, dans les échanges hors réseaux sociaux, il n’y a pas d’attaque :

Personne ne m’insulte quand je marche.

Sauf peut-être une fois :

Un van est passé, une personne a hurlé “eta folle”. Un de mes enfants était avec moi, je lui ai dit de ne pas s’inquiéter. Je parle à mes enfants, je leur explique qu’il ne faut pas qu’ils donnent trop d’importance à ce que les gens disent.

Derrière un écran, on peut tout se permettre :

Ena dimoune cachiete derrière l’écran. Maurice n’est pas encore assez développée. Il y a des personnes qui sont toujours renfermées. Il y a beaucoup de négativité sur Facebook. Mais devant toi ces gens ne diront rien.

Alors cette violence virtuelle, elle la prend comme faisant partie du package. Un dark side qu’elle gère... selon elle.

Facebook Conversations




Latest Posts