L'occupation illégale de la Place d'Armes, samedi 2 juin, à Port-Louis par des groupuscules extrémistes musulmans menés par Javed Meetoo, un prédicateur radical connu des autorités mauriciennes et de la cellule anti-terrorisme, et la manifestation qui a suivi, ont mis les militants de la marche pacifique organisée par le Collectif Arc-en-ciel en danger.

Un leader soupçonné dans l'affaire des tirs sur l'ambassade de France

Le leader de la Voix musulmane a souvent fait la Une de la presse mauricienne et pas vraiment pour les bonnes raisons. Il fut interpellé, perquisitionné et interrogé lors des tirs par balles sur les murs de l'ambassade de France. 

Prêcheur, exorciste et accessoirement travailleur social, il avait été arrêté à la suite de la réouverture, 19 ans après, de l'enquête sur le triple assassinat de la rue Gorah Issac, à Plaine-verte. Il avait été soupçonné d'avoir fourni des armes dans cette affaire mais sans qu'il ne soit finalement inquiété, aucune charge n'ayant été retenue contre lui.

Fin 2014, les services de renseignement mauriciens ont découvert qu'une poignée de musulmans de nationalité mauricienne s'étaient rendus en Syrie et en Irak pour se battre aux côtés de l'État islamique autoproclamé. Beaucoup de ces recrues djihadistes étaient influencées et facilitées par un petit réseau d'idéologues. Les renseignements recueillis ont identifié un individu en particulier, Javed Meetoo, leader du réseau.

Les autorités mauriciennes, on l'a appris, ont suivi de près les efforts de Metoo pour construire son mouvement. Un grand nombre des détails dans l'article de David Ucko ont été fournis par un haut fonctionnaire du gouvernement travaillant sur les efforts antiterroristes nationaux.

En octobre 2015, Meetoo a créé sa propre communauté sous l'appellation Abu Faaris, qui a rapidement établi des liens avec deux groupes sociaux islamistes, Zam Zam et Al Huda Wan Noor, qui sympathisent tous deux avec l'idéologie de l'État islamique. Depuis, les discours publics de Meetoo faisant la promotion de la charia sont devenus plus importants. Des signes ont montré que ces efforts de radicalisation ont porté leurs fruits, en particulier chez les jeunes Mauriciens, parmi lesquels les convertis à l'Islam et ceux qui sont influencés par des incitations financières ou autres.



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