Patrick Panchoo, un Mauricien pratiquant comme pharmacien à l’île soeur, a été mis en examen, mercredi 30 septembre, pour abus de biens sociaux, blanchiment, escroquerie et fraude fiscale. Détenant la double nationalité, le Mauricien s’est vu retirer ses deux passeports, de peur qu’il ne profite de la réouverture des frontières à Maurice pour se faire la malle.

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Soupçonné d’avoir escroqué la Sécu dans des proportions considérables, le pharmacien Patrick Panchoo (au centre) a été mis en examen à l’issue de sa garde à vue.

Entendu pendant près de 48 heures par les policiers de la brigade financière, Patrick Panchoo, le gérant de la pharmacie De Tassigny à Sainte-Clotilde a été déféré au palais de justice de Champ-Fleuri. Présenté à une juge d’instruction, le pharmacien soupçonné d’une vaste escroquerie au préjudice de la Sécurité sociale, s’est vu signifier sa mise en examen de ce chef, auquel s’ajoutent des faits présumés d’abus de biens sociaux et de blanchiment. Modifiant les qualifications initialement visées par le parquet, le magistrat instructeur n’a pas jugé nécessaire de retenir la circonstance aggravante de la bande organisée.

Pour autant, Patrick Panchoo n’a pas été le seul à être présenté à la juge. Également placés en garde à vue, sa compagne et collaboratrice ainsi qu’un préparateur en pharmacie employé de longue date ont eux aussi été mis en examen pour complicité des infractions visées par l’information judiciaire, ainsi que "recel de bien provenant d’un délit". Me Alex Vardin, avocat du préparateur, a simplement précisé que son client "conteste les charges" qui lui valent d’être impliqué dans l’affaire.

L’affaire de la pharmacie De Tassigny est désormais entre les mains d’un juge d’instruction.

L’ensemble des protagonistes a été remis en liberté en liberté sous contrôle judiciaire. Pour Patrick Panchoo, cette mesure a été assortie de plusieurs interdictions, notamment celle de quitter le territoire, d’entrer en contact avec les autres mis en examen et de gérer sa pharmacie.

Selon son avocat, cette dernière mesure ne l’empêcherait pas toutefois de continuer à exercer la profession de pharmacien qui encourt néanmoins des sanctions disciplinaires de son instance ordinale. “Mon client conteste la qualification d’escroquerie à l’Assurance maladie, dont il reste encore à prouver la réalité”, a indiqué par ailleurs Me Jean-Pierre Gauthier, confirmant que Patrick Panchoo avait fait appel contre les mesures de saisies patrimoniales prises lors des perquisitions opérées à la pharmacie et à ses différentes adresses personnelles à Étang-Salé, Saint-Leu et Bois-de-Nèfles le 18 décembre 2019. Ce volet de l’affaire doit être examinée prochainement par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Saint-Denis.

La deuxième phase d’enquête bouclée avec les auditions de cette semaine, c’est donc un juge d’instruction qui va désormais diligenter les investigations sur cette vaste escroquerie présumée au préjudice de la Sécurité sociale, commise au moyen d’ordonnances de complaisance, de pressions sur des médecins prescripteurs et de petits cadeaux à la clientèle... Les faits d’abus de biens sociaux auraient eux été matérialisés par une minoration du chiffre d’affaires et le détournement de paiements en espèces notamment.

Un dossier qui pourrait encore s’alourdir avec la plainte attendue de la direction régionale des services fiscaux, dont la brigade de contrôle et de recherche (BCR) a déjà pointé de multiples anomalies laissant envisager une fraude fiscale massive. Le montant total du préjudice évalué par les finances publiques et l’Assurance maladie approcherait les quatre millions d’euros sur la période de quatre années explorée.

Une enquête préliminaire sur les pratiques suspectes du pharmacien Patrick Panchoo avait été ouverte fin 2018 par le parquet de Saint-Denis.

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