C’est Showkutally Soodhun qui aurait demandé que les femmes ne soient pas invitées à un banquet donné en l’honneur du prince saoudien Abdulaziz Bin Saud Bin Nayef Bin Abdulaziz Al Saud, qui était en visite à Maurice de dimanche à mardi. Le banquet a eu lieu lundi soir à l’hôtel Intercontinental, à Balaclava.
Showkutally Soodhun

Cet énième faux pas du président du MSM porte un rude coup au gouvernement Lepep qui ne cesse de se féliciter de ses prouesses en termes d’égalité des genres. Première femme présidente de la République, vice-Première ministre ou encore speaker : ce sont là les réalisations dont se vante Pravind Jugnauth… On nous laisse entendre au sein du MSM :

C’est embarrassant que l’on se courbe ainsi devant les autres. L’embarras est national.

Bashir Jahangeer, député de la majorité, avait soutenu :

C’est dommage qu’un tel incident se produise dans un pays multiculturel.

Au ministère des Affaires étrangères, l’on fait bien comprendre que le banquet était une fonction privée. Le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo était présent à la cérémonie d’accueil du prince saoudien à l’aéroport. Ce jour-là, aucune disposition n’avait été prise pour exclure le personnel féminin. Une source bien placée aux Affaires étrangères nous déclare :

Même s’il y avait une demande, c’est la loi du pays qui a préséance.

Dans l’opposition aussi, l’on ne trouve pas cette situation normale. Le travailliste Arvin Boolell a soumis une question parlementaire à ce sujet pour la prochaine séance.

Cela ne se fait pas. Nous encourageons l’égalité des genres à Maurice.

Au leader de l’opposition, Xavier Duval, de renchérir :

La loi du pays empêche toute discrimination. C’est vraiment regrettable.

Pour Nalini Burn, ancienne consultante et experte régionale auprès de l’United Nations Women, le banquet avait bel et bien une teneur officielle.

C’est lors d’une visite officielle et le Premier ministre y était. Le profil des invités démontre que ce n’est pas une fonction privée. On parle, ici, du contexte d’une aide financière, dont le montage n’est pas transparent. Et évoquer le contexte privé nous amène à des dérives de business facilitation qui démontre une culture politique inacceptable.

Interrogé à ce sujet, à la Doha Academy hier, Showkutally Soodhun a seulement dit :

Al demande Bon Dieu.

Pravind Jugnauth, pour sa part, n’était pas au courant de l’interdiction, indique-t-on dans son entourage. L’on fait ressortir que le Premier ministre, étant l’invité d’un dîner privé, n’avait pas la prérogative de s’enquérir des conditions avant de s’y rendre. L’on ajoute que le dîner avait été organisé par la Saudi Arabia Mauritius Frienship Association et non par l’État.

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