Non, il ne s’agit pas de gâcher la fête, de “gate macaroni”. Toujours est-il qu’en ce jour spécial, où les tables seront bien garnies, les panses bien remplies, certains n’auront pas la chance de manger du chocolat ou un salmis de “ti vitesse”, comme le veut la tradition. Certains devront se contenter de dévorer le bonheur des autres des yeux...

Ils essaient tant bien que mal de garder le sourire. Mais il y a des jours où cela s’avère plus difficile à d’autres. Comme aujourd’hui.

Alors que les Mauriciens célébreront la Pâques, que les tables seront bien garnies, eux, n’auront pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Déjà, au quotidien, la vie est un chemin de croix. Ils parviennent à peine à joindre les deux bouts.

Comme ces mamans, que nous avons rencontrées à Riche-Terre, qui essaient, bon gré, mal gré, de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Christina Robertson, mère célibataire avec trois enfants, nous confie :

Ou pas kav koner kouma léker fermal kan ou bizin dire ou zenfant 3 ans ki pas pou kav donne li ene dizef chocolat. Surtout kan li pou trouve so bann camarades p gagner.

Marie Janette Vythelingum, elle, en a quatre. Les plus grands se sont mariés, il lui reste ses deux petits qui ont 12 et 13 ans. Son mari est décédé, depuis longtemps déjà.

Mo pas travaille la plupart du temps. Mo al lave linges pou dimounes kan gagner ou bien mo al dans carreau. Mais mo péna travail fix.

Ses deux grands ont eux-mêmes leurs problèmes. Mais Marie Janette a de la chance. Ses ados sont en âge de comprendre.

Zot dire mwa ‘mama laisse li, si to péna cash, to pas pou al kokain’. Zot al l'école ventre vide parfois. Mwa, ena fois, mo bwar ene gorgé délo mo dormi.

Pour la Pâques, pas de fête, pas de sortie à la mer, pas d’habits neufs. Rien. Quid du repas ? Marie Janette fera en sorte de pouvoir acheter quelques cuisses de poulet.

Mo pou prend 2 livres la cuisse, mo pou faire ene salade pomme de terre ek mo pou prend 1 litre Coca. Ca même tou.

Mais il faudra voir si elle parvient à économiser. Quant aux oeufs de Pâques, les Vythelingum n’y pensent même pas.

Kapav 5 roupies même péna ek nous. Nous pas pou kav permette nous acheter ca. Mo koner ki ca ti pou faire zenfant plaisir ki nous vive kouma bann famille normal mais malheureusement li pas possible.

Pour Marie Janette, le plus important, en ce moment, c’est l’état de sa maison et celui de ses proches. Le problème ?

Bann parties en dibois la in pourri net. Nerport kan ou risquer trouve mwa p dormi dehors.

D’autre part, comme tous ses proches sont dans la même situation qu’elle, Marie Janette ne compte pas leur rendre visite.

Ca dimanche la nous pou lakaz même. Kouma ene zour normal. Si ou vini, ou risquer même bliyé ki ena Pâques !

Mais attention. Même si le repas sera frugal, cela ne veut pas dire que la famille n’a pas observé le carême comme il se doit.

Nous garde la foie ki ene zour nous pou sorti dans ca misère la.

YOUR REACTION?

Facebook Conversations




Latest Posts