Elles ne savent plus à quel saint se vouer. Des dizaines de filles – dont des mineures – ont découvert des photos d’elles, dénudées, sur Facebook. Des photos postées à leur insu, par leurs “petits amis” ou par des pervers qui leur a fait croire qu’elles pourraient être mannequin. Une enquête a été ouverte par la police. Le cerveau pourrait être à la tête d’un réseau de prostitution.

YOUR REACTION?

Tout a commencé par un coup de téléphone, jeudi 28 juin. À l’autre bout du fil un “dénonciateur” souhaitant parler à un journaliste. Ravi* lâche d’emblée :

Kikenn in add mwa dans ene group chat lor Facebook Messenger.

Ce qui l’a choqué : les dizaines de photos de filles, dont des mineures, complètement nues, des messages explicites et salaces.

D'après c ki monn comprend, c'est bann ti copain bann tifi la même kinn posté ca, pou faire grand noir. Ena lézot tifi aussi ki finn piégé. Zot ti kwar kan zot avoy photo touni bann boug la, zot pou vinn mannequin...

Depuis, une déposition a été faite à la police et une enquête ouverte. Selon nos informations, celui qui a créé ce chat pourrait être à la tête d’un réseau de prostitution.

À hier, ledit chat avait été supprimé. N’empêche que les groupes partageant des photos de Mauriciennes, en tenue d’Eve, pullulent sur Facebook. Leurs noms sont, pour certains, explicites : Clip local, Foto ek Vidéo local, 21+ Naughty Jokes

Partager des photos et des vidéos à caractère érotique et pornographique serait une pratique qui prend de l’ampleur, surtout depuis que le fameux “Kevin” – celui qui tire plus vite que son ombre – a fait parler de lui, souligne une internaute. Certains se sont découvert des talents d’acteur porno.

L’un des groupes compte plus de 60 000 membres. On y voit des photos de jeunes femmes ou de couples, mauriciens ou étrangers.

La plupart des membres actifs de ce groupe sont des hommes et ce sont eux qui postent le plus fréquemment, souvent sous un faux profil. Les membres du groupe sont aussi bien des collégiens que des sexagénaires.

D’où viennent les photos et les vidéos ? Certains “petits amis”, sans scrupule, n’hésitent pas à envoyer des images de leurs copines, dans leur plus simple appareil. Pour se vanter, comparer, “faire grand noir”. D’autres encore utilisent toutes sortes de subterfuges pour appâter des jeunes filles naïves et crédules.

Parmi celles qui se sont fait piéger, cette habitante de Curepipe. Son calvaire a commencé il y a deux ans, alors qu’elle n’avait que 17 ans.

Je voulais absolument me lancer dans le mannequinat. Un jour, un homme m’a contactée sur Facebook, il s’est présenté comme un photographe.

Elle a très vite déchanté. Après qu’il lui a promis monts et merveilles, dont un contrat en Australie, cet homme, caché derrière un faux profil, lui a demandé de lui envoyer des photos pour “évaluer son potentiel”. Au fil de la conversation, les demandes se font de plus en plus audacieuses.

Linn dire mwa avoy photo en bikini. Après linn dire bizin encore photo, monn avoy li bann photos inpé ‘dévoilant’…

Après plusieurs semaines, elle se rend finalement compte qu’elle se fait mener en bateau et coupe toute communication avec l’homme.

Lerla linn commence menace mwa. Linn dire mwa si mo pas avoy li encore photo, li pou montrer bann photos la mo famille.

Prise de panique et ne sachant quoi faire, elle a fini par céder aux demandes du maître chanteur. Elle a bien essayé de le bloquer sur Messenger, mais cela n’a pas calmé ses ardeurs pour autant. Aujourd’hui encore, il continue à la harceler.

Lerla ene dimoune in dire mwa ki mo bann photos ti p circuler lor ca group la, lor Messenger. Monn gagne encore plus choc.

Le cauchemar est d’ailleurs loin d’être terminé pour l’ado. Il y a une semaine, elle a reçu encore un message l’avertissant que des photos d’elle, nue, continuaient à circuler sur Facebook.

La seule chose dont j’ai peur, c’est que mes parents tombent dessus. Même face à mes amis, j’ai honte de leur raconter la vraie histoire.

La honte, c’est la raison pour laquelle elle n’a pas encore fait de déposition à la police. Mais face à la pression, elle affirme qu’elle le fera dans les jours qui viennent.

Pour rappel, la diffusion d’images obscènes sur les réseaux sociaux est passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans. Les “cyberpervers” risquent également d’écoper d’une amende de Rs 1 million. De quoi dénuder le compte en banque.

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