De nouvelles recherches seront entreprises, ce mardi 1er juin, pour établir si deux autres présumées victimes n’y ont pas été enterrées. Umyad Ayyaz Ebrahim, lui, sera face à un panel de psychiatres pour jauger son état mental. Son ex-femme et deux présumées disparues avec lesquelles il a été en contact via Facebook ont été interrogées hier.

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Hema Coonjobeeharry, Umyad Ayryaz Ebrahim et Bibi Zahira Ramputh.

Hema Coonjobeeharry et Bibi Zahira Ramputh aspiraient à changer de vie. Pour ce faire, chacune échangeait avec Umyad Ayryaz Ebrahim, un habitant de cité Atlee, sur Facebook. L’une et l’autre ont été assassinées par ce dernier, qui a avoué avoir enterré le corps des deux femmes. La police soupçonne cet homme admis en hôpital psychiatrique d’être un serial killer.

De sérieux soupçons planent sur Umyad Ayryaz Ebrahim. En effet, la MCIT du CCID soupçonne l’homme de 38 ans d’être un tueur en série. Ainsi, elle lance un appel à témoin à toute personne ayant une proche disparue ou ayant été en contact avec le trentenaire. La MCIT a d’ailleurs demandé à toutes les équipes de la CID de répertorier toutes les femmes de la quarantaine disparues. Jusqu’ici, Umyad Ayryaz Ebrahim a avoué avoir enterré les corps de deux femmes venues le voir sur son lieu de travail, un verger de letchis à Mare-d’Albert et qu’il avait rencontrées sur Facebook. Il leur a fait croire qu’il les emmènerait au Canada, là où vivent ses parents adoptifs et où il comptait également s’installer.

Vendredi et samedi, l’habitant de cité Atlee, Curepipe a conduit les hommes de la MCIT dans le verger de letchis à Mare d’Albert pour leur indiquer l’endroit où il avait enterré les deux corps. Il a par la suite été ramené à l’hôpital psychiatrique de Brown Sequard, Beau-Bassin où il est admis depuis le jeudi 20 mai et où il suit un traitement pour dépression depuis 2017.

Bibi Zahira Ramputh, une habitante de Vallée-des-Prêtres et Hema Coonjobeeharry, domiciliée à Bambous, toutes deux 40 ans, séparée ou divorcée, ont été dupées par l’homme qui leur a fait croire qu’il était le propriétaire de plusieurs plantations de fruits. Ce dernier détenait plusieurs comptes sur Facebook, sur l’un d’eux il s’appelait Umyad ou encore Abhishek.

Après avoir installé une relation de confiance avec ces deux femmes sur Facebook, il parvenait à les convaincre de le rencontrer. Ces dernières ne se doutaient nullement que la nouvelle vie qu’elles espéraient était en réalité un rendez-vous avec la mort. D’ailleurs, le jour de l’exhumation d’Hema Coonjobeeharry, son sac qui était enterré au même endroit contenait son passeport, sa carte d’identité et son extrait de naissance.

Peu d’informations sont disponibles sur le passé de ce présumé tueur en série. La MCIT sait qu’il habitait cité Atlee, qu’il était orphelin, fils unique et qu’il y a dix ans, il aurait été arrêté pour une affaire de séquestration.

Bibi Zahira Ramputh, originaire de Vallée-Pitot, était mariée et mère d’un enfant. Avant sa mort, elle vivait depuis environ sept mois avec un homme dans la région de Vallée-Pitot. Après avoir connu Umyad Ayryaz Ebrahim, elle a délaissé le toit de son compagnon pour vivre une aventure, voire un rêve après plusieurs échecs amoureux. Elle aurait été tuée en début d’année, soit avant même ses 40 ans, le 15 avril.

Quant à Hema Coonjobeeharry, mère de trois enfants, elle a quitté le toit de ses parents à Bambous pour rencontrer Umyad Ebrahim, des rêves plein la tête, le jour de ses 40 ans. Elle ne s’est doutée à aucun moment qu’elle rencontrerait son présumé meurtrier. Le 10 mai, à 7 heures du matin, elle a confié à sa sœur qu’elle allait rencontrer “Abhi”.

D’ailleurs dans le village de Mare-d’Albert des villageois le connaissent comme “Abhi”. Samedi, au moment de déterrer le deuxième corps dans le verger, des habitants de la localité disaient :

Abhi kinn faire sa.

Cette affaire a éclaté lorsque le présumé suspect a dit dans son entourage à l’hôpital qu’il avait enterré sa femme. C’est alors que des proches de Zahira Ramputh ont contacté la MCIT, qui a demandé à la direction de l’hôpital l’autorisation d’emmener Umyad Ayryaz Ebrahim dans le verger à Mare-d’Albert. Accompagné de deux infirmiers, il a indiqué l’endroit où le corps de la femme avait été enterré. Cela, selon lui, après que la victime a ingurgité du poison trois jours plus tôt.

Samedi, ayant appris cette nouvelle bouleversante, des proches d’Hema Coonjobeeharry ont également alerté la MCIT. Le patient psychiatrique n’a pas tardé à avouer sa culpabilité. Il a raconté qu’une dispute a éclaté avec l’habitante de Bambous qui ne voulait pas rentrer chez elle et qu’il a mis sa main sur sa bouche pour l’étouffer.

Umyad Ebrahim est placé sous surveillance policière à l’hôpital de Brown Sequard. Les enquêteurs attendent sa décharge pour porter une accusation provisoire d’assassinat contre lui devant le tribunal de Mahébourg

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