À chaque crime atroce, les internautes s’en donnent à coeur joie. Ils préviennent coupables et suspects, surtout impliqués dans des délits à caractère sexuel : “Aster to pou al ramasse savonette dans prison.” Est-ce vrai ? Qu’en est-il du sexe derrière les barreaux ?

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Les relations sexuelles en prison sont presque plus communes que les téléphones cellulaires, à en croire ceux qui travaillent quotidiennement dans le milieu carcéral.

Selon les gardiens, plusieurs raisons peuvent contribuer à ce que les prisonniers décident de “le” faire. Agressions des plus forts sur les plus faibles, échanges contre des cigarettes ou appels téléphoniques… les raisons sont nombreuses.

D’habitude c’est bann plus anciens, bann kinn condamné pou boukou l’années ou même bann ki plus ‘riche’... c’est zot ki plus dominant.

Les prisonniers ne s’attaquent qu’aux plus vulnérables.

Zot faire sa kot péna caméra... dans zot cellule asoir ou soi dans salle de bain.

D’où l’expression “ramasse savonette”. La violence est présente, mais les victimes ne portent pas plainte car c’est une honte à leurs yeux.

Zot reste trankil, zot subir.

Plusieurs facteurs contribuent à ce mutisme. Beaucoup ont peur que leur ou leurs agresseur(s) s’en prenne(nt) davantage à eux et les torture(nt) encore plus. Il n’est pas rare que les agresseurs fassent partie de gangs où règne la loi du plus fort. Même si le détenu victime dénonce son agresseur aux autorités pénitentiaires, celles-ci vont l’éloigner, certes, mais les amis de ce dernier vont continuer à lui miner l’existence. Les plus anciens ont recours à cette pratique pour assouvir leurs pulsions sexuelles.

Zot koner zot pou reste endans pou encore boukou banané. Zot kouma tou dimoune, zot ena bann envi.

Encore une fois, ce sont les plus vulnérables qui en font les frais.

Ena ki zot famille in tourne lédos ek zot ek zot népli ena nanyen, même pas pou dépenser dans la cantine, lerla banla propose zot kitsoz en retour.

Les actes sexuels existent aussi bien chez les détenus hommes que femmes. Mais, toujours selon des sources pénitentiaires, les agressions sont plus rares chez les femmes en prison.

Les femmes sont consentantes, dans la plupart des cas.

David : “Enfermé, rien n’est impossible”

Il a été en prison pour possession de drogue. David (prénom d’emprunt) explique qu’il est habitué à ce que les hommes aient des relations sexuelles.

Kan ou al laba ou pas penser ki ene zour ou pou kapav faire ene zafer koumsa. Mais péna choix. Mo gagne honté mo même kan mo pense sa. Mais kan ou enfermé ek ki ou fat yen, pou 1 ou 2 cigarettes, nanyen pas impossible.

Il est difficile pour ce dernier, qui est aussi un ex-toxicomane, de rentrer dans les détails. Aujourd’hui, il dit avoir avancé dans la vie et laissé ces “souvenirs amers” derrière lui.

Mo senti mwa bien aster. Zamais monn raconte sa mo famille. Parski pou ene zom, li ene zafer ki inimaginable.

Mais cela est monnaie courante dans les prisons.

Boukou faire li. 

En chiffre

De 2010 à 2015, un seul cas de sodomie a été enregistré à la prison de Beau-Bassin. Selon des sources pénitentiaires, quelques autres cas d’agressions sexuelles ont été signalés. Mais après enquête, la police a conclu qu’il ne s’agissait pas de sodomie.

De 2016 à octobre 2018, un cas de sodomie a été noté dans la prison de Grande-Rivière. La plainte a été faite au poste de police de Pointe-aux-Sables, en juin.

L’administration pénitentiaire peut seulement agir lorsqu’une agression sexuelle est rapportée. Si tel est le cas, il faut suivre un protocole établi, à commencer par l’ouverture d’une enquête interne, puis informer la police tout en s’assurant au préalable que toutes les pièces à conviction sont préservées.

En attendant l’arrivée de la police, il est aussi de notre devoir de donner les premiers soins médicaux à la victime. Le présumé agresseur est mis en garde à vue jusqu’à son interrogatoire et son examen par la police et le médecin légiste. Au-delà de l’aspect légal, les autorités pénitentiaires offrent également un suivi psychologique à la victime, qui bénéficie de l’encadrement du département du soutien et du bien-être de la prison.

La loi

L’article 250 du code pénal mauricien incrimine l’acte de sodomie au même titre que celui de bestialité. Les deux délits sont passibles d’une peine de prison ne dépassant pas cinq ans. Mais les actes sexuels forcés, ce n’est pas que la sodomie…

Source: L’Express

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