Showkutally Soodhun s’était proclamé “esclave” de sir Anerood Jugnauth (SAJ) en avril 2016. Sept mois plus tard, ce même SAJ, alors Premier ministre, signait un certificat permettant à quatre étrangers “d’acheter” le bail que l’État avait mis à la disposition de son fils Umeir. Montant empoché : Rs 48 millions.

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Umeir Soodhun

Où s’arrêtera la bonne étoile d’Umeir Soodhun ? Alors que son père est ministre du Logement et des terres en 2015, sa société (Société Umeeir Ibne Showkut), dont il est l’unique actionnaire, obtient un bail de l’État pour 1 931 m 2 de Pas géométriques, pied dans l’eau, à Grand-Baie. Le bail s’étend sur une période 60 ans, ne prenant fin que le 21 mai 2075.

Showkutally Soodhun a toujours nié être intervenu en faveur de son fils. Version qui corrobore avec celle de Robin Appaya, conseiller de Soodhun et nommé par Soodhun :

C’est moi qui ai tout géré, le ministre n’est pas intervenu.

Sur les documents officiels, c’est le Senior Chief Executive du ministère du Logement, Soopramanien Kandasamy Pather, qui signe au nom de l’État. Montant de la location : Rs 249 925 la première année, pour atteindre Rs 357 036 à partir de la cinquième année.

Le fils de Showkutally Soodhun y fait rénover les infrastructures existantes, dont un bungalow où vivra son père, le ministre lui-même (Showkutally Soodhun est sanctionné en octobre 2017, par une relégation au rang de simple député, pour avoir tenu des propos sectaires), pendant un certain temps.

En 2016, quatre Chinois entrent dans l’équation. Ils veulent prendre possession des lieux. Mais le contrat stipule que le bail n’est pas transférable. Ce problème sera vite contourné. Umeir Soodhun va simplement céder ses 14 millions de parts au sein de sa société aux quatre Chinois. Montant de la transaction : Rs 48 millions.

Mais il y a un autre obstacle : selon la Non-Property Restriction Act, les étrangers ne peuvent pas détenir (la loi utilise les termes “acquire, hold, alienate, purchase”) des biens immobilers sans un certificat du PMO. Là encore, le problème est vite contourné : une simple signature de SAJ et le tour est joué.

Ce “certificate” est signé le 9 novembre 2016 par le Premier ministre d’alors, qui agit en connaissance de cause. Car les deux premiers paragraphes décrivent la société :

Société Mohamad Umeeir Ibne Showkut (...) only shareholder is Umeir Soodhun (...) and holds an industrial lease over a portion of land 1931 m2 (…) situated at Grand Bay.

Ensuite, SAJ écrit :

J’autorise les quatre ressortissants chinois à acheter la totalité des parts de la société pour Rs 48 millions.

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