L’image d’Anerood Jugnauth, longtemps véhiculée par ses suiveurs complaisants, ne reflète guère la vérité. Il serait donc juste que les faits réels soient mis en perspéctives pour que l’histoire ne soit pas faussée.

YOUR REACTION?

Anerood Jugnauth.

Pour les observateurs avertis les changements dans la posture de Jugnauth sont toujours conjoncturels. Ils sont dictés par des intérêts politiques, personnels ou familiaux. En vérité le vrai Jugnauth ne change jamais. On le découvre par la façon dont il traite ceux qui l’ont aidé politiquement et qu’il aura lui-même reconnu à un moment ou un autre, comme étant ses “alliés, amis ou camarades”. C’est ainsi qu’on aura appris de sa propre bouche que Dawood Rawat était “ene bon camarade ar mwa”.

Il prétend qu’il a agi selon la loi dans le cas BAI. Toutefois, toutes les institutions concernées ont été réléguées à l’arrière plan, voire outrepassées, pour laisser le champ libre à des francs-tireurs se délectant à démolir un grand entrepreneur dont le seul péché fut de ne pas se soumettre totalement aux dictats de Sun Trust.

Il y avait milles façons de gérer cette affaire légalement. Mais il y avait une seule façon d’en tirer un capital politique. C’est la voie que Jugnauth aura choisi d’adopter. Le but inavoué, mais facile à deviner, était ceci :

En frappant Dawood c’est toute une communauté qui est visée.

Par extension on donne à une autre communauté le signal suivant :

Avec mwa sa banla pas pou gagne bar.

Cela nous ramène vingt ans en arrière quand le même Jugnauth s’acharnait avec une hargne sans bornes contre une communauté particulière de ce pays. Des pèlerins furent malmenés à leur retour à l’aéroport, l’ambassadeur libyen, Al Jaddy, fut sommé de quitter le pays en l’espace de 24 heures, les versets du saint Coran furent qualifiés d’“insanités”, les marchands de rue furent chassés de la rue Desforges en pleine période des festivités de fin d’année. Bref, une communauté entière fut soumise à une politique de persécution systématique.

Par contre les relations entre cette même communauté et Navin Ramgoolam furent très civilisées. Dans l’affaire BAI, il a été aussi question de régler des comptes avec Navin, et distiller dans les esprits de certains un sentiment communal malsain. Quand on voit avec quelle brutalité ce même Jugnauth a agi contre les marchands ambulants récemment il ne faut pas aller loin pour comprendre ce qu’il a vraiment dans la tête. C’est pour cette raison qu’il ne cesse de parler d’“ingratitude” en s’adréssant à la communauté hindoue. Voir la vidéo :

Anerood Jugnauth ne cesse de traiter une bonne partie de la communauté hindoue d’“ingrats”. Mais qui est le plus grand ingrat dans l’histoire politique de ce pays ?

Le drame est que ce jeu infecte va continuer aussi longtemps que cet homme restera au pouvoir. La fragilité de notre tissu social reste menacée en permanence quand Jugnauth est au pouvoir alors qu’avec Navin, toutes les communautés se sentent très rassurées.

L’histoire retiendra que, pendant ses deux mandats comme Premier Ministre, Navin Ramgoolam avait permis à Anerood Jugnauth de rester Président, avant que celui-ci décide de démissioner pour abattre politiquement ce même Navin, avec l’aide de Bérenger. Toutefois, cette nouvelle alliance ne fit pas long feu car Bérenger décida de s’allier avec Navin. On connaît la suite...

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